Yamaha XJR

Avertissement
Ce qui suit traite d’une 1200 XJR (que j’ai eu en 2000/2002).
A l’époque elle existait en deux versions, normale et SP, ce qui suit s’applique à la version normale.
Elle a été remplacée depuis par une 1300 XJR.
Ce qui suit ne s’applique peut-être pas à la 1300 XJR.

Version courte
J’ai adoré cette bécane. La XJR est une moto extrèmement attachante, c’est une sorte de mélange de moto à l’ancienne avec tout ce que cela peut avoir d’agréable (position, confort etc..) et de moto moderne.. avec tout ce que cela peut avoir d’agréable (moteur, fiabilité, facilité…).

La XJR et les accessoires

Note : Les accessoires dont il est question ci-dessous sont ceux que je possède, cela ne veut pas dire que ce sont les meilleurs, ce sont juste…les seuls sur lesquels je peux avoir un avis.

  • Le saute vent indispensable
    La XJR est comme on dit dans les magazines un « roadster », en français usuel ça veut dire qu’elle n’a aucune protection. Cette caractéristique si elle améliore le look fait de la XJR (comme des autres machines de ce type) un engin parfaitement dangereux à tel point qu’on peut se demander si les préposés à l’homologation ont réellement roulé dessus.
    A titre personnel je m’étonne également de la passivité des magazines sur ce sujet. Sans saute-vent la XJR est inconduisible au dessus de 140 km/h.
    Heureusement avec un saute vent ce « léger » problème disparaît. Le choix d’un saute vent n’est pas simple, d’autant que leur complexité de montage ne permet guère de les essayer.
    J’utilise un petit pare brise de marque ..euh je ne me souviens plus …qui est vraiment bien, mais dont la traînée aérodynamique varie selon la taille du passager. Je mesure 1m85 et mon fils qui fait à peu près la même taille ne souffre d’aucun courant d’air, en revanche ma compagne de l’époque qui faisait 20cm de moins recevait un assez fort courant d’air sur le casque au dessus de 140. A vérifier donc.
  • Les bagages
    D’origine la XJR n’a pas de porte bagage, en revanche elle a des crochets très nombreux qui permettent de fixer des tas de trucs sur la selle qui est large et longue).
    Donc pour un célibataire roulant sur de courtes distances, la bagagerie doit être facultative.
    Il existe un ensemble GIVI permettant de placer un top case, mais les quelques motards que j’ai croisé qui avaient opté pour cette solution se plaignaient de problèmes de louvoiement à haute vitesse dont le top case serait coupable (ce qui se comprend aisément). Personnellement j’ai opté pour une sacoche de réservoir, des valises souples et un porte paquet.
    Le tout me donne entière satisfaction.

    • La sacoche de réservoir : facultative mais vraiment pratique La XJR a un très large réservoir métallique qui se prête tout à fait à la pose d’une sacoche de réservoir magnétique. J’utilise une sacoche de marque Tokai distribuée par Hein Gericke.
      Elle est petite, et pas chère 399 F. Tellement petite que lorsque l’on sort du magasin on se demande.. si on ne vient pas de faire une connerie.
      A l’usage cette sacoche est parfaite. Une fois dépliée elle contient un Nolan N81 ou deux bombes (graisse de chaîne + anti crevaison et un intégral pour enfant DMP, ou encore plein d’autre trucs.
      Elle a cependant un défaut, la fermeture éclair de la poche transparente destinée à recevoir les cartes est à l’envers.
      Elle s’ouvre de l’avant de la moto vers l’arrière (ou elle se ferme de l’arrière de la moto vers l’avant).
      Concrètement lorsque la moto roule, la pochette peut donc s’ouvrir. Tant qu’elle ne contient que des cartes ou de papiers , pas de problème, mais j’ai paumé un trousseau de clé de cette façon, il s’est fait la malle en roulant après que la poche se soit ouverte.
      Donc M. Hein Gerricke, la prochaine fois rajoutez sur le cahier des charges à l’attention de vos taiwanais, la fermeture éclair dans l’autre sens ! ! A part ça tout baigne, à noter que le poid ne change rien à la tenue de la moto.
    • Le porte paquets : ultra pratique, limite indispensable
      Mon concessionnaire m’a proposé le porte paquet Yamaha, j’ai dit oui. Il est petit , pratique, s’intègre pas trop mal dans la ligne de la moto. IL supporte 6 kg maxi ce qui ne fait pas beaucoup mais en pratique avec une sacoche de réservoir les choses lourdes passent à l’avant.
    • Les valises souples.
      Il en existe de nombreux modèles, j’utilise une paire de Run Bags italiennes achetées 500 F chez Dafy Moto (47 bd Voltaire 75011 Paris Tél : 01 48 05 15 30 un accessoiriste ultra sympa avec une ambiance « bouchon lyonnais ».) Elle sont étanches
      (l’intérieur de la valise forme un sac plastique qui se ferme avec un velcro, et une fois dépliées ont une contenance assez correcte (deux valises = un très grand sac de sport).
      Rien à redire, c’est fonctionnel, pratique, relativement élégant. Je n’y mets rien de très lourd, en pratique je n’y mets que du linge, les choses lourdes passent dans la sacoche de réservoir. Leur seul défaut est de demander un peu d’habitude au passager qui doit arriver à se caler les pieds.
    • Le truc qui tue
      Le truc qui tue c’est le filet. Un filet élastique comme les Sandow avec 6 crochets. Vous le glissez dans le petit coffre sous la selle et avec ça on peut absolument tout faire tenir, surtout avec le grand nombre de points d’attache de la XJR.

La XJR et l’autoroute
La XJR consomme 10 litres aux cent kilomètres. Quels que soient les chiffres avec virgule que vous avez pu lire ça et là, il faut se faire à l’idée, c’est 10 litres un point c’est tout. Comme il n’y a pas vingt cinq façons différentes de conduire une XJR (ou alors c’est que vous vous êtes gourré de bécane).
Ces 10 litres vous allez les faire dans toutes les conditions, ville comme route comme autoroute. Bon ok, ok, ça va faire un poil moins sur autoroute à vitesse constante (vous roulez à vitesse constante vous ?). Le réservoir en contenant 20 litres, cela signifie que l’autonomie est de 200 kilomètres. Sur autoroute les stations service étant espacées d’environ 40 kilomètres, cela signifie qu’il va falloir faire le plein au bout de 160 kilomètres. Ca tombe bien parce que 160 kilomètres c’est une bonne vitesse de croisière horaire sur autoroute (150 plutôt pour être raisonnable et moins sujet aux radars).

Chargée comme une mule, la XJR tient sans problème 150/160 de croisière, avec une bonne marge d’accélération. La conséquence de tout ça c’est que l’autonomie de la XJR sur autoroute est de… une heure pile. En s’arrêtant toutes les heures on évite le spectre de la panne, on se repose le postérieur et on maintient quand même une moyenne élevée. Bizarrement alors que faute de protection la XJR n’est pas une vraie grande routière, cette particularité des arrêts obligatoires toutes les heures en font une machine idéale sur autoroute. Une heure ça ne laisse pas le temps de se fatiguer, donc accessoirement ça permet de rouler en toute sécurité. Ça fait des étapes suffisamment rapprochées pour ne pas avoir de problème de confort (pour la passagère surtout) et comme entre les étapes on peut tenir une moyenne élevée, ces arrêts horaires n’entament pas la moyenne globale. Du coup la XJR permet de traverser la France sans problème, les longs trajets autoroutiers se transformant en sauts de puce.

Le moteur de la XJR
Le 1200 cm3 de la XJR en fait une « grosse « moto qui dans les pubs Yamaha est un peu rapidement cataloguée comme moto « bestiale ». La XJR n’a rien de bestial. Elle fait 100 chevaux comme tout le monde (aujourd’hui la moindre 600 cm3 fait 100 chevaux). La XJR fait donc 100 chevaux comme tout le monde, mais alors, pourquoi un 1200 ? Le gros avantages de la XJR (et probablement des autres 1200) c’est la façon dont les 100 chevaux sont délivrés. Alors que les 600 font 100 chevaux en limite de zone rouge, la XJR donne l’impression de les faire sur toute la gamme des régimes moteur. Pour faire chic on appelle ça le couple, et en pratique ça rend ce gros moulin vraiment très attachant. Quelque soit la charge (je roule souvent en duo et parfois assez chargé) quel que soit le profil de la route, quel que soit le rapport sur lequel on se trouve, quelle que soit la vitesse à laquelle on roule, une petite rotation de la poignée droite et hop la pétoire bondit en avant.

Pour parler du comportement moteur plus en détail, la XJR fonctionne en deux modes, le mode « ville » et le mode « route ».

  • De 0 à 3000 tours, elle est en mode « ville », le moulin a la souplesse d’un gros 4 cylindres, c’est à dire que pour le faire caler il faut vraiment y mettre de la bonne volonté, mais côté rendement ça marche, sans plus. On a pas l’impression d’être sur un très gros cube. De 0 à 3000 tours la XJR pourrait être une 750. En ville c’est très pratique c’est souple, pas brutal, élastique etc…
  • A dessus de 3000 tours la XJR se souvient qu’elle fait 1200 cm3 … la poussée arrive en souplesse, avec force et ne semble plus s’arrêter. C’est à la fois impressionnant et rassurant parce que cette puissance arrive sans brutalité. Dans un sens le moteur est linéaire, parce que mis à part ce palier des 3000 tours ensuite la poussée est continue. Tellement continue qu’en 5è le compte tour et le compteur de vitesse sont parallèles, 500 t/m supplémentaires égalant 10 km/heure, et ce, sur quelle que soit la vitesse, la moto ne semble jamais peiner. Vous roulez à 150 sur une autoroute, devant le gars zigzague, une petite rotation de la poignée hop vous êtes à 180, le louvoyeur est loin derrière, vous pouvez laisser le régime redescendre peinard pour revenir à votre vitesse de croisière.Franchement, le couple c’est bien. Si ce n’était une conso un peu limite (10 litres) le moulin de la XJR serait parfait pour un usage ville/tourisme rapide/autoroute.

La boite de vitesse
En 1716 préssentant la fin de l’époque tzarine, le vice admiral Vladimir Yvanovich Rouskolocoski saborda son navire, le cuirassier Grossouk dans la baie de Wulterstein. Un touriste nippon passant par là ramena en souvenir la partie mécanique arrière du moteur du navire.

La boite de vitesse de la XJR était née.

Comme l’a écrit très poétiquement Motomag dans leur hors série spécial essai (je ne me souviens plus de l’année), « les boites de vitesses ..[...] c’est pas trop leur truc chez Yam ». Motomag est un magazine très modéré.

Côté sonore, la boite de vitesse de la XJR doit se classer juste avant celle du Massey Fergusson modèle 27 (modifié 32)
Côté précision, pire j’vois pas.. Skoda dans ses mauvais jours peut-être.
Bref, si vous voulez revendre votre XJR, arrangez vous pour que l’acheteur s’il n’est pas coutumier des boites Yam ne s’attarde pas sur la boite.

Confort et tenue de route
Rien de particulier sur ce plan, la XJR est confortable, pas « très » confortable, mais confortable. C’est répétons le une moto «à l’ancienne» et elle à le bon confort de ce type de machine.

  • La position est bien, le buste légèrement droit, les bras pas trop en avant (je mesure 1m85).
  • Les repose pieds pilote sont bien placés quoique j’aurais peut-être préféré les avoir un poil plus bas (le XJR est une « grosse » moto mais elle est paradoxalement assez basse lorsqu’on est dessus).
  • Les repose pieds passagers sont bien placés. La poignée ne pose pas de problème.. tant qu’on ne met rien sur le porte paquet.
  • La selle est large et plate (la place passager est un peu plus haute que la place pilote).
  • Les suspensions sont souples en usage tourisme, sans doute trop pour un usage sport. La fourche notamment plonge pas mal, de l’huile un poil plus épaisse arrange les choses, mais la XJR n’est vraiment pas une moto rigide.
  • La tenue de route est excellente en usage tourisme, en revanche, prix à payer pour avoir le fessier dans la soie, en usage rapide la souplesse des suspensions combinée au poids fait qu’elle louvoie légèrement dans les grandes courbes rapides (typiquement les virages d’autoroute). Rien de méchant mais la première fois on peu se poser des questions. Les modèles SP ont des amortisseurs Ohlins qui outre leurs prix (5/7 billets de mille) améliorent la rigidité du tout sans trop grever le confort (la mienne n’en a pas c’est ce que j’ai pu lire ça et là).
  • Pour les amateurs de duo, la stabilité de la machine est meilleure en charge qu’en solo, ce qui combiné au gros coffre moteur fait de la XJR une moto très agréable en duo.
  • La maniabilité est vraiment excellente pour un engin de ce type, y compris en ville. C’est pas un scooter mais vraiment la ville ne lui pose aucun problème (je roule au quotidien dans Paris)
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