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Le retour de la pédale…

Pas le temps, boulot de dingue, jamais là.. donc flemme lorsque j’ai le temps, pas trop de boulot et que je suis là… résultat des courses je ne fais plus d’exercice, ce qui est mal.

Ayant pulvérisé mon auto, je me retrouve piéton et m’est venu l’idée d’aller bosser en vélo. Cela représente 20km aller/20km retour, c’est très jouable. Les premières semaines ça va être l’horreur, mais ensuite je vais retrouver mon rythme antérieur et il n’y a pas si longtemps je faisais 30 km le matin pour la forme plus des sorties de 50/60 le week end.
Côté vélo mon Cyfac de route n’est pas trop prévu pour un usage utilitaire, je me suis donc commandé chez Bike24 un Centurion Cross Speed 800 qui est arrivé en début de semaine.

Le raisonnement est le suivant : je passe 3H par jour dans les transports en commun, et il faudrait en sus que je me ménage du temps pour faire de l’exercice. En utilisant le vélo comme moyen de transport, je fais d’une pierre deux coups. Je vais gagner du temps en transport (ou du moins ne pas en perdre, 20 km en une heure et demi c’est très faisable en roulant pépère) et d’autre part je fais de l’exercice.

Le parcours est relativement tranquille

Aujourd’hui je pars pour Rennes pour le boulot, je devrais pouvoir commencer à partir de la semaine prochaine.

Pourquoi acheter un vélo par correspondance ?
Pour une raison simple. Juste avant que je n’explose ma voiture j’avais rendu visite à quelques marchands, les vélos ne sont jamais dispos en magasin en grande taille (ce qui peut se comprendre).
Résultat des courses, je me suis retrouvé dans l’obligation de commander un vélo sans même l’avoir essayé. Du coup j’ai préféré me fier à un vendeur auquel j’ai déjà eu recours et dont je n’ai eu qu’à me féliciter.
Centurion est un marque allemande, bien distribuée en Allemagne mais totalement inconnue en France.
J’ai opté pour le Centurion parce que je voulais un vélo discret (contre le vol) bien équipé et robuste. Le CrossSpeed est extrêmement bien équipé, ultra robuste, mais côté discrétion, moins bien que ce que je pensais, il est magnifique, peut être un poil trop.

Recentrage

Recentrage parce que depuis l’été 2007 les choses sont sérieusement parties en vrille.. or nous sommes au printemps 2008.
Comme je l’ai écrit ici l’été dernier il m’est arrivé un gros pépin de santé, pépin qui outre me mettre à plat physiquement m’a beaucoup attaqué moralement.
Il a eu comme conséquence tout d’abord que j’ai d’un côté arrêté toute activité sportive et de l’autre que je me suis mis à bouffer comme un chancre avec un résultat assez prévisible, entre 15 kgs de plus.

C’en est suivi une période assez floue ou une semaine sur deux je décidais de me mettre au régime, une semaine sur deux de reprendre le sport etc.. sans pour autant ne rien faire.
Les choses ne se sont pas arrangées et c’est avec près de 20 kgs de plus qu’il y a 15 jours je me suis rendu en Espagne, à Valencia pour des raisons de boulot.

Le déclic est venu de ma chambre d’hôtel. Une chambre immense, à l’américaine, avec une salle de bain qui devait faire la taille de mon salon, et dans cette salle de bains, je me suis vu à poil, en pied et avec du recul….

Le constat est à peu près sans appel, je suis devenu obèse, et c’est une idée qui me déplait fortement, et encore là, je suis gentil, c’est une idée qui me fait horreur.
J’ai donc décidé de me reprendre (d’où le titre « recentrage ») en faisant les choses dans l’ordre. Tout d’abord je vais revenir à un poids normal, ensuite je vais réenclencher la dynamique sportive.
Pour essayer de réduire dans des délais les plus brefs ce problème de poids, je me suis lancé lundi dernier dans un régime à base de protéines. C’est une méthode très contestée, sans doute à juste titre, mais qui m’avait réussi par le passé.
Je suis donc parti, lundi à 103 kgs, l’objectif étant d’en être aux alentours de 80/85 d’ici l’été, ce qui est très jouable.

Tout ça n’est guère flatteur ou valorisant, pourquoi l’écrire ici ? Tout d’abord parce que ce blog est assez confidentiel donc ça ne m’engage pas à grand chose… non ce n’est pas vrai (enfin si c’est vrai mais ce n’est pas la vraie raison). Ensuite (et surtout) parce que écrire ça c’est aussi une forme de déclaration officielle pour m’obliger à ne pas reculer.

Pour ne pas être tenté de renoncer j’ai créé un calendrier pour suivre les évolutions de mon poids

Banc d’essai grandeur nature

Parmi les raisons qui m’ont incité à reprendre le sport il y a un an , et surtout à le reprendre de façon méthodique, mesurée, régulière, quasi mathématique (même si ce terme est assez excessif) il y a la préparation à l’opération chirurgicale pour la changement de ma valve cardiaque.
Sa pose avait été une horreur, un an au total pour récupérer totalement sur un plan physique. Une des raisons de cette campagne d’exercice était de me préparer, de préparer mon corps pour que la prochaine fois les choses se passent mieux.
A priori le pari est gagné (ou disons en nette voie de l’être).
Il m’est arrivé la semaine dernière quelque chose d’incroyable, de totalement imprévu : une embolie pulmonaire.
L’embolie pulmonaire (qui n’a rien à voir avec mes soucis cardiaques), se manifeste par des caillots de sangs qui obstruent les poumons. Dans mon cas les deux grosses voies pulmonaires étaient obstruées. C’était une embolie de compèt, un cas d’école.

Ça a commencé le vendredi soir.

Depuis quelques jours en rentrant à la maison (3è étage sans ascenseur) je suis très légèrement essoufflé. C’est anormal, mais comme logiquement cela pourrait être le signal que la valve rend l’âme j’ai préféré l’oublier, le mettre de côté, et regarder ailleurs.
Vendredi dernier j’avais une sensation d’oppression dans le torse, un peu comme si j’avais le torse serré dans un bandage.
Samedi matin j’ai commencé à avoir mal aux poumons et des difficultés à respirer. Samedi soir, j’appelle SOS Médecins qui m’envoie un type original et sympathique mais d’une incompétence rare, lequel fini par m’annoncer que tout va bien, me prescrit des antibiotiques et repart après avoir longuement parlé de ses problèmes conjugaux avant de demander un café. Ma moitié modérément emballée par le toubib me conseille d’aller à l’hôpital… j’essaie de dédramatiser. Cela fait quelques semaines que j’ai une sorte de truc dans la gorge qui me fait cracher comme un grand père, ça a dû me tomber sur les poumons. Au pire je dois avoir une petite infection des poumons et avec les antibio prescrits ça devrait passer.
Dimanche matin, les choses se gâtent. Non seulement les douleurs aux poumons se sont amplifiées, mais je crache du sang.. très impressionnant.
En début d’après-midi je me rends aux arguments d’Anja, je saute dans la voiture et je vais aux urgences de l’hôpital à côté de la maison. Après moult examens, il se dessine qu’il s’agit d’une embolie pulmonaire, grand modèle et qu’elle est très avancée, les toubibs font une assez sale tête.

De la nuit de dimanche au lundi matin, période de flottement. Dimanche dans la nuit c’en était à un point que j’ai pensé que j’étais cuit, il n’était donc pas question de réagir mais d’encaisser. Lundi grosse déprime, ficelé à mon lit dans le service de soins intensifs, par des tuyaux censés me faire du bien.
Mardi les choses changent, je me dis que je vais m’en sortir, et puisque je vais m’en sortir, je vais donc m’en sortir vite. À partir de là les choses sont allées relativement vite. Mercredi je pouvais m’asseoir, et jeudi matin marcher.

Jeudi après midi, un dernier examen de routine avant de quitter le service de soins intensifs : une scintigraphie. La scintigraphie est une variante du scanner qui permet d’obtenir (dixit la responsable de l’opération) une analyse plus fine des embolies.
Je sors de l’examen, pose la question de routine « et donc mon embolie ? » et là, regard étonné : « votre embolie ? quelle embolie ? vous n’avez pas d’embolie ? ».. s’en suit un léger dialogue de sourd.
Je me mets à flipper beaucoup, vraiment beaucoup. La question est simple : je suis arrivé dimanche soir à demi mort crachant du sang, les poumons en feu et respirant difficilement, si ce n’est pas une embolie qu’est ce que c’est ? problème, parmi les candidats possibles il y en a dont les noms sonnent mal (tumeur par exemple).
Au final tout s’est bien passé, je suis tombée sur une responsable un brin rigide incapable de détecter la différence sémantique entre « pas d’embolie » et « plus d’embolie ».

La morale de cette intéressante histoire est multiple.
Tout d’abord, et c’est une confirmation réconfortante, la campagne que j’ai entamée fonctionne. Tant que la tête suit, un corps entraîné méthodiquement à supporter des efforts lourds, récupère mieux et plus vite. C’est intéressant en ce qui me concerne parce que cela signifie que je vais pouvoir affronter cette future opération du cœur dans des conditions correctes (notamment sur un plan mental).
C’est intéressant de façon plus large parce qu’on vend le « faites du sport » en disant « faites du sport pour rester en bonne santé », ce qui est sans doute vrai, mais il y a quantité de non sportifs qui se portent comme des charmes. Ce qu’on devrait dire c’est « faites du sport également parce qu’en cas de gros emmerdement physique vous serez mieux préparé ».. bon ok c’est moins vendeur… mais sans doute plus juste.

Enfin bref, je sors aujourd’hui de l’hôpital et si je suis heureux de renter à la maison, je suis assez content de l’expérience.
C’est un vrai banc d’essai grandeur nature et tout se passe bien.