Archive for the 'Cardiologie' Category

Banc d’essai grandeur nature

Parmi les raisons qui m’ont incité à reprendre le sport il y a un an , et surtout à le reprendre de façon méthodique, mesurée, régulière, quasi mathématique (même si ce terme est assez excessif) il y a la préparation à l’opération chirurgicale pour la changement de ma valve cardiaque.
Sa pose avait été une horreur, un an au total pour récupérer totalement sur un plan physique. Une des raisons de cette campagne d’exercice était de me préparer, de préparer mon corps pour que la prochaine fois les choses se passent mieux.
A priori le pari est gagné (ou disons en nette voie de l’être).
Il m’est arrivé la semaine dernière quelque chose d’incroyable, de totalement imprévu : une embolie pulmonaire.
L’embolie pulmonaire (qui n’a rien à voir avec mes soucis cardiaques), se manifeste par des caillots de sangs qui obstruent les poumons. Dans mon cas les deux grosses voies pulmonaires étaient obstruées. C’était une embolie de compèt, un cas d’école.

Ça a commencé le vendredi soir.

Depuis quelques jours en rentrant à la maison (3è étage sans ascenseur) je suis très légèrement essoufflé. C’est anormal, mais comme logiquement cela pourrait être le signal que la valve rend l’âme j’ai préféré l’oublier, le mettre de côté, et regarder ailleurs.
Vendredi dernier j’avais une sensation d’oppression dans le torse, un peu comme si j’avais le torse serré dans un bandage.
Samedi matin j’ai commencé à avoir mal aux poumons et des difficultés à respirer. Samedi soir, j’appelle SOS Médecins qui m’envoie un type original et sympathique mais d’une incompétence rare, lequel fini par m’annoncer que tout va bien, me prescrit des antibiotiques et repart après avoir longuement parlé de ses problèmes conjugaux avant de demander un café. Ma moitié modérément emballée par le toubib me conseille d’aller à l’hôpital… j’essaie de dédramatiser. Cela fait quelques semaines que j’ai une sorte de truc dans la gorge qui me fait cracher comme un grand père, ça a dû me tomber sur les poumons. Au pire je dois avoir une petite infection des poumons et avec les antibio prescrits ça devrait passer.
Dimanche matin, les choses se gâtent. Non seulement les douleurs aux poumons se sont amplifiées, mais je crache du sang.. très impressionnant.
En début d’après-midi je me rends aux arguments d’Anja, je saute dans la voiture et je vais aux urgences de l’hôpital à côté de la maison. Après moult examens, il se dessine qu’il s’agit d’une embolie pulmonaire, grand modèle et qu’elle est très avancée, les toubibs font une assez sale tête.

De la nuit de dimanche au lundi matin, période de flottement. Dimanche dans la nuit c’en était à un point que j’ai pensé que j’étais cuit, il n’était donc pas question de réagir mais d’encaisser. Lundi grosse déprime, ficelé à mon lit dans le service de soins intensifs, par des tuyaux censés me faire du bien.
Mardi les choses changent, je me dis que je vais m’en sortir, et puisque je vais m’en sortir, je vais donc m’en sortir vite. À partir de là les choses sont allées relativement vite. Mercredi je pouvais m’asseoir, et jeudi matin marcher.

Jeudi après midi, un dernier examen de routine avant de quitter le service de soins intensifs : une scintigraphie. La scintigraphie est une variante du scanner qui permet d’obtenir (dixit la responsable de l’opération) une analyse plus fine des embolies.
Je sors de l’examen, pose la question de routine « et donc mon embolie ? » et là, regard étonné : « votre embolie ? quelle embolie ? vous n’avez pas d’embolie ? ».. s’en suit un léger dialogue de sourd.
Je me mets à flipper beaucoup, vraiment beaucoup. La question est simple : je suis arrivé dimanche soir à demi mort crachant du sang, les poumons en feu et respirant difficilement, si ce n’est pas une embolie qu’est ce que c’est ? problème, parmi les candidats possibles il y en a dont les noms sonnent mal (tumeur par exemple).
Au final tout s’est bien passé, je suis tombée sur une responsable un brin rigide incapable de détecter la différence sémantique entre « pas d’embolie » et « plus d’embolie ».

La morale de cette intéressante histoire est multiple.
Tout d’abord, et c’est une confirmation réconfortante, la campagne que j’ai entamée fonctionne. Tant que la tête suit, un corps entraîné méthodiquement à supporter des efforts lourds, récupère mieux et plus vite. C’est intéressant en ce qui me concerne parce que cela signifie que je vais pouvoir affronter cette future opération du cœur dans des conditions correctes (notamment sur un plan mental).
C’est intéressant de façon plus large parce qu’on vend le « faites du sport » en disant « faites du sport pour rester en bonne santé », ce qui est sans doute vrai, mais il y a quantité de non sportifs qui se portent comme des charmes. Ce qu’on devrait dire c’est « faites du sport également parce qu’en cas de gros emmerdement physique vous serez mieux préparé ».. bon ok c’est moins vendeur… mais sans doute plus juste.

Enfin bref, je sors aujourd’hui de l’hôpital et si je suis heureux de renter à la maison, je suis assez content de l’expérience.
C’est un vrai banc d’essai grandeur nature et tout se passe bien.

Une autre expérience : Claudius

J’ai reçu ce message en commentaire à ma note bilan 1 an, et comme il peut intéresser d’autres gens je le reporte ici

—————–

Ton expérience est formidable Luc.
Voici la mienne :
J’ai commencé à pratiquer le vélo il y a 2 ans, au mois de mai 2005 à 56 ans, quand, suite à une analyse de routine, mon médecin m’a annoncé que j’étais diabétique, m’a déclaré en tant que tel à la sécu et m’a dit d’une façon assez sèche : « Vous devez perdre du poids et pratiquer une activité physique afin de vous muscler. ».
Cela ne l’a pas empêché de me prescrire du « Glucophage »
Dès le lendemain, j’ai pris le VTC de ma femme et j’ai parcouru, non sans mal, les 6 km qui me séparent de mon travail.
Du vélo, j’en avais déjà fait en dilettante mais dès les 1ers kms, je n’avais qu’une seule hâte : rentrer à la maison.
En prenant la décision de me rendre au travail, je rendais en quelque sorte irréversible le fait de devoir parcourir 12 km.
Quand ma fille m’a vu enfourcher le vélo, elle m’a dit littéralement : « Tu es fou, ne fais pas ça, tu vas avoir un malaise. »
C’est ainsi donc que j’ai commencé et quand je n’allais pas au travail en vélo ; je m’astreignais, au moins 3 fois par semaines, à faire un parcours de 7 km en rentrant de celui-ci.
En parallèle, je me suis refusé à prendre, en accord avec mon médecin, ce fameux Glucophage.
Résultat des courses, si je puis dire, au bout de 4 mois, mon taux de glycémie et mon HB1AC (il s’agit d’une analyse qui permet de se faire une idée du taux de glycémie moyen au cours des 3 derniers mois) redevenaient normaux.
Au mois de septembre, mon collègue me dit que son club, le VCMB, organise une sortie de 25 km ouverte à tous.
25 km, il était pour moi inimaginable que je puisse parcourir une telle distance. Je m’y suis quand même inscrit, j’ai entamé le parcours, soufflant comme un phoque dans la cote de Port Royal, et suis arrivé au bout des 25 km.
Au mois de novembre je me suis équipé d’un vélo de route et ai entrepris de parcourir, régulièrement des distances de 20-25 km.
En septembre 2006, je me suis inscrit au VCMB, d’abord dans le groupe détente puis dans le groupe 5 qui fait des sorties régulières de 50-60 km.
Tout allait bien mais 2 phénomènes sont venus contrarier cette pratique : des prostatites à répétition (je me lève 3 ou 4 fois dans la nuit pour uriner) et une tachycardie que je considère anormale depuis le début de l’année 2007 : là où je faisais une moyenne de 126 pulsations par mn, je suis passé à une moyenne de 136 avec des pointes jamais vues à 175.
J’ai donc décidé de marquer une pause et d’arrêter la pratique du vélo
J’ai fait un test d’effort à la clinique de Parly 2, un test que le cardiologue a arrêté à ma FC max théorique : 220-58=162 et à la suite duquel il m’a dit que tout allait bien en me demandant de faire une échographie ; celle-ci n’a rien révélé non plus.
Je suis allé voir un urologue qui m’a dit que je n’avais pas d’inquiétude à avoir et que je pouvais continuer à faire du vélo.
J’ai commandé une selle spéciale « Bite et cul » chez Dutouron et pense reprendre progressivement la pratique du vélo progressivement dès réception de cette fameuse selle qui a si bien réussi à Luc.
Je contrôle régulièrement mon taux de glycémie à l’aide d’un petit engin prescrit par mon médecin, il est normal.
Pour ce qui concerne mon poids, je suis passé en quelques mois de 75 kg à 68 kg et depuis je me maintiens à ce poids. Je ne répèterai jamais assez que le plus important dans un régime c’est le conjoint : sans l’assistance de mon épouse qui a pris les choses en main, je ne serais jamais parvenu à perdre ces quelques kg inutiles et dès que j’observe une dérive sur la balance, je la préviens et tout rentre dans l’ordre.
Donc, bilan globalement positif coté diabète et forme physique, à suivre pour le reste

Bilan 1 an

J’ai commencé à faire de l’exercice le 26 mai 2006, c’est donc logiquement l’heure du bilan

Forme / Bilan cardiaque
Mon coeur a remarquablement bien tenu, je n’ai strictement aucun problème cardiaque. Ca se voit dans la vie courante ou je ne suis plus du tout essoufflé et lors de mes sorties je contrôle tout à fait la FC. je referais un bilan à l’Institut Coeur Effort Santé en fin d’année pour voir l’écart, s’il y en a un, avec l’année dernière. Globalement sur ce plan c’est vraiment tout bénéfice.
Pour le reste j’ai toujours une bonne douzaine de kgs à perdre et ces salopards s’accrochent….

Course à pied
Au total en un an j’ai couru 1500 Km. Chiffre a pondérer par le fait que depuis 2 mois, depuis que j’ai découvert le vélo je ne cours pratiquement plus. En considérant que j’ai commencé alors que j’étais quasi-grabataire (à bout de souffle et en nage au bout de quelques centaines de mètres) le bilan est assez spectaculaire. Je fais 10km les doigts dans le nez, je peux en faire 15 ou 20 à 10-11 km/h sans réel problème.

Vélo
Ça c’est clairement la révélation. J’avais une image assez poussiéreuse du vélo et je l’ai attaqué par curiosité pour varier les plaisirs. C’est en fait une discipline hautement adictive, géniale côté sensations.
Au total j’ai parcouru 1100 km en deux mois. C’est vraiment « la » révélation. Du coup le vélo à pratiquement remplacé la course à pied. Il procure plus de sensation en matraquant nettement moins les articulations.
Je suis assez loin cela dit d’être à un niveau correct, le vélo représente des efforts de 4 ou 5 heures or côté endurance je pêche encore beaucoup.

Natation
Au final ça donne 7,3 km, mais ce chiffre n’a pas vraiment de sens. j’ai surtout commencé à apprendre à nager. Ce n’est pas encore ça, j’ai peu ou prou laissé tomber la natation il faut que je m’y remette.

Tchao holster je ne t’aimais pas

Ouf.. Tout à l’heure, je suis allé rendre le holster à l’Institut Coeur Santé Effort, et ce n’était pas dommage. 24 heures avec ce bidule c’est pénible.
Ce matin je suis allé courir une heure avec (je n’ai pas pu hier soir) et franchement c’est très inconfortable d’avoir le gros magnéto qui pendouille (je l’avais accroché à un ceinturon que je portais par dessus le short).
En revanche, courir le matin (7h30 ce matin) ce n’est pas désagréable, peut-être vais-je continuer.
L’avantage du matin c’est qu’il fait noir au début et que la luminosité ambiance augmente au fur et à mesure, ce qui psychologiquement est sympa. le soir c’est l’inverse, en ce moment je commence, il fait sombre, et je finis, il fait nuit..

Suite du contrôle

Aujourd’hui, suite de la prise en charge cardio que j’ai entamée, avec un ensemble de tests. En début d’après midi un électrocardiogramme qui m’a valu un long sermon .. de quoi ? 14 ans que vous ne faites pas suivre cette valve ? vous êtes fou ! etc… et qui au final s’est conclu par des résultats hyper positifs.

Troisième étape, je porte un appareil qui va enregistrer pendant 24 heures le comportement de mon coeur. C’est un peu bizarre d’être harnaché comme ça.

From Cardio

A suivre….

Triathlon ?

Avoir « réussi » mon examen cardiaque m’a plongé hier soir dans une euphorie dynamisante. Du coup je suis sortir faire 10 km plutôt plus rapidement que d’habitude (mais donc à 145 de moyenne avec pas mal de pics à plus de 150 soit très nettement au-dessus des 140 que j’essaie de tenir).
Ce qui a été formidable, au-delà des résultats qui confirment que je suis plutôt en avance sur mon plan de marche, c’est que parler à un cardiologue qui vous répond en tant que sportif et pas en tant que malade, ça change la vie.

Verdier (il s’appelle comme ça) m’a fait une remarque intéressante : plutôt que de me limiter à courir ce qui risque de me lasser sur le long terme, il a suggéré de faire du triathlon, (couse, natation, vélo).
L’avantage serait, outre la variété de l’effort, que la natation et le vélo sont moins traumatiques (pas de chocs) et donc que sur le long terme sur un plan physique c’est mieux. Ca me parait très jouable, d’autant que renseignements pris (merci Google) le triathlon se décline en plusieurs groupes de distances, le premier semblant très accessible (500 m de natation, 20 km de vélo, 5 km de course à pieds).

Ce n’est pas idiot comme façon de voir les choses, l’année prochaine je me pencherais probablement sur la question. Dans l’immédiat, je préfère continuer à me construire une base physique solide avant de me disperser.

C’est d’autant moins idiot que ça me forcerait à apprendre à nager ou plus exactement à en finir avec ce ridicule rapport névrotique que j’ai avec l’eau (je peux nager, mais en apnée, je suis incapable de respirer dès que je suis dans l’eau).

120%

MesureCe matin rendez-vous à l’institut Coeur Effort Santé pour faire quelques tests.
Résultat enthousiasmant, en gros je fonctionne à 120% d’un type de mon âge (un type valide sans coeur rafistolé).
Aujourd’hui il fait beau.

Faisons bonne mesure…

Je viens de téléphoner à l’Institut Coeur Effort Santé, apparemment mon email n‘était pas arrivé.
J’ai rendez-vous le 20 pour faire un test d’effort (et par la même occasion voir un cardiologue, ce qui sera forcément une bonne chose).
Je pensais que le rendez-vous allait être plus long à obtenir. Le 20 c’est dans 3 semaines seulement, et encore, au départ la jeune femme que j’ai eu au téléphone, m’avait proposé le 14 mais je ne pouvais pas.
Je ne sais pas ce que j’en retirerais exactement, c’est la première fois que je fais ça, mais ce que j’aimerais c’est avoir des données exactes, en matière de FC maximale notamment, pour pouvoir m’épuiser sur des bases sérieuses. Et puis par dessus tout, ma dernière visite chez un cardiologue doit remonter à 6 ou 7 ans (ce qui est mal).

11/7 le soir

Pas de sortie hier soir, je suis parti tard du boulot et il fallait que je passe chez le toubib. On va se marier avec Anja et pour ça il faut un certificat médical.
Il me connaît bien ce toubib, il me suit en gros depuis l’opération, et donc ça va faire une quinzaine d’années qu’il essaie de me convaincre d’aller régulièrement me faire faire des prises de sang et donc une quinzaine d’années que je lui réponds invariablement que promis juré, la prochaine fois j’irais faire contrôler mon INR.
Du coup, il était tout joyeux lorsque, après qu’il m’ait annoncé que la prise de sang était facultative chez les hommes et donc qu’il pouvait me délivrer le certificat directement, je lui ai répondu que cette prise de sang j’allais la faire quand même, ne serait-ce que le test HIV, par correction vis à vis d’Anja qui a fait le sien.

J’ai eu droit par la même occasion à un éléctrocardiogramme une petite prise de tension etc.
11/7, très bien cette tension, mais de tête j’ai 11/7 depuis toujours ou presque (je crois que c’est monté à 12 par périodes).
« Votre électrocardiogramme est très stable » qu’il a conclu en regardant le tracé, tout va bien, ça n’a pas bougé.
Là j’ai été un peu déçu, au fond de moi j’aurais aimé qu’il me dise « bon sang ! votre électrocardiogramme c’est incroyablement amélioré !!» … mais bon.